Le microscope, une technologie de pointe qui permet de préserver des dents que l’on croit à tort vouées à l’extraction

Cas 506712
Dans la mesure où cette incisive latérale, servant de pilier de bridge, ne peut pas être préservée, son extraction entraînerait la perte immédiate du pont antérieur. Le patient sera ensuite contraint de faire remplacer son pont par deux couronnes sur implant, une dépense correspondant à plus de 10 000 $ et de longs mois de guérison en perspective. Au contraire, si la dent peut être préservée, le remplacement du pont existant pourrait ne pas être nécessaire dans l'immédiat. Si cela le devenait, la prothèse sur dents naturelles pourrait être réalisée dans un délai ne dépassant pas les quinze jours, et cela, au tiers du coût de la pose de couronnes sur implants.
La dent peut-elle être préservée? Convaincus que l'intervention en soi a toutes les chances d'échouer, de nombreux praticiens à l'heure actuelle pensent qu'elle ne peut pas l'être et ils invoqueront avec raison les faits suivants :
- La lumière du canal est invisible à la radiographie, ce qui implique de pouvoir être capable de localiser un canal possédant un diamètre inférieur à celui d'un cheveu.
- Il y a déjà eu deux tentatives infructueuses de localisation du canal. Cet état de fait complique le tableau clinique puisque les repères anatomiques internes qui auraient pu nous aider à localiser le canal sont perdus.
- Cette dent sert de pilier de pont, par conséquent sa forme extérieure qui aurait pu aussi nous servir à localiser le canal est altérée
- La chambre pulpaire est obturée avec du composite ayant la même teinte que les parois dentinaires, cela compliquera d'autant l'intervention puisqu'il est à présent encore plus délicat d'excaver sans délabrer davantage ce qui reste des parois dentinaires
Le microscope opératoire, en changeant la donne, a permis de surmonter tous ces obstacles. Par conséquent cette dent perçue au premier abord comme étant sans espoir a pu être préservée.


05 mai 2012 
Dent #47: nécrose pulpaire et parodontite apicale chronique. Système canalaire supracalcifié, sténose complète des canaux et minéralisation complète de la chambre pulpaire. Dent #46: Nécrose pulpaire, rhizalise racine distale et parodontite apicale chronique.
Les entrées canalaires dont le diamètre correspond à celui d'un cheveux sont localisées au microscope (OPMI PROergo de chez Carl Zeiss). Sans le microscope, ces canaux n'auraient pas pu être localisés ni traités et cette dent aurait été vouée à l'extraction.
Insertion hydroxyde de calcium dans les canaux de la dent #47. Présence d'une résorption apicale au niveau de la racine distale de la dent 46 ayant détruit les foramens apicaux.
Obturation permanente des dents #47 et #46 à la gutta percha et au ciment de scellement canalaire Pulp Canal Sealer de chez Kerr
Reconstructions corono-apicales en amalgame des dents #47 et #46
Cette radiographie de contrôle prise 3 ans post intervention, montre une cicatrisation osseuse complète des régions apicales et une interruption de rhizalise à l'apex de la racine distale de la dent 46. Les deux dents sont à la fois asymptomatiques et fonctionnelles. Le niveau de difficulté d'un traitement de canal justifie-t-il d'emblée une extraction dentaire et son remplacement par un implant? En aucun cas.















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